Plonge dans l'histoire, la philosophie et l'énergie de la salsa, bachata et kizomba
🇨🇺 Cuba • Années 1960
La salsa naît dans les rues bouillonnantes de La Havane et les quartiers latinos de New York dans les années 1960. C'est le fruit d'un métissage culturel exceptionnel : les rythmes africains amenés par les esclaves, les mélodies espagnoles des conquistadors, et l'énergie du jazz américain. Le son cubain, le mambo et le cha-cha-cha fusionnent pour créer cette danse explosive qui deviendra un phénomène mondial.
La salsa, c'est avant tout l'expression de la joie de vivre, de la "sabor" (la saveur) cubaine. Danser la salsa, c'est raconter une histoire à deux, où le leader guide et le follower répond avec créativité. C'est une conversation sans paroles, où chaque mouvement est une réponse au rythme et à son partenaire. La salsa célèbre la spontanéité, l'improvisation et la connexion humaine.
🇩🇴 République Dominicaine • Années 1960
La bachata émerge dans les quartiers populaires de Saint-Domingue au début des années 1960. Longtemps méprisée par les élites dominicaines qui la considéraient comme une musique de "basse classe", elle conquiert finalement le monde entier dans les années 2000. Son nom vient de "fiesta de patio" (fête de quartier), et ses chansons parlent d'amour, de désillusion et de mélancolie avec une sincérité brute.
La bachata, c'est la danse de l'âme et de la sensualité. Elle exprime la vulnérabilité émotionnelle, le romantisme et l'intimité. Danser la bachata, c'est accepter de se rapprocher, de partager un moment de connexion profonde avec son partenaire. Le mouvement de hanche emblématique n'est pas qu'une technique : c'est l'expression du feeling, du "sentimiento" qui habite chaque danseur. C'est une danse où l'on ose montrer ses émotions, où la douceur rencontre la passion.
🇦🇴 Angola • Années 1980
La kizomba naît à Luanda, capitale de l'Angola, au début des années 1980, après l'indépendance du pays. Son nom signifie "fête" en kimbundu, langue locale. Elle fusionne le semba (danse traditionnelle angolaise) avec les influences des Caraïbes, notamment le zouk des Antilles françaises. Eduardo Paim est considéré comme le pionnier de cette musique qui va séduire toute l'Afrique lusophone, puis l'Europe et le monde entier à partir des années 2000.
La kizomba est la danse de la connexion absolue, de la fusion de deux corps qui ne font qu'un. C'est une conversation silencieuse où le moindre mouvement, la plus légère pression, transmet une intention. On ne "fait" pas de la kizomba, on la ressent. C'est une méditation à deux, une transe douce où l'on s'abandonne à la musique et à son partenaire. La kizomba enseigne l'écoute, la patience, la subtilité. C'est une danse qui demande de lâcher le contrôle et de se laisser porter par le flow.